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Le blog du Master Banque et Finance Européennes, IAE Toulouse

Le blog du Master Banque et Finance Européennes, IAE Toulouse

Blog des étudiants du Master 2 Banque et Finance européennes de l'IAE Toulouse


UE objectif convergence : cap vers le modèle allemand

Publié par France ESTANOVE sur 18 Janvier 2012, 20:44pm

Catégories : #Actualité Financière

modele-allemand.jpg

Aujourd’hui mercredi 18 janvier s’est déroulé le sommet social organisé par le Président de la République française, instaurant un débat entre le gouvernement et les partenaires sociaux.
Sur fond de crise de la dette et de perte du triple A (NB : pour l’instant seul Standard & Poor’s a dégradé la note française, abaissée d’un cran) le problème des rigidités inhérentes au marché du travail français a été mis sur la table. La France souffre de la comparaison avec son voisin allemand excellent en tout point : un taux de chômage à 5,5%, déficit public ramené à 1% en 2011, une croissance à 3%... Des résultats spectaculaires qui font rougir pas mal de dirigeants européens. Dont M. Sarkozy qui a bien entendu les remarques de S&P dont le « downgrading » est dû à l’endettement public mais également au coût du travail trop élevé en France.
Pour rappel, le taux de chômage français s’élève à 9,3% soit 2,6 millions de personnes sans emploi et en recherchant un. Une récente étude statistique réalisée par  COE-Rexecode a montré qu’un salarié à temps plein français a travaillé 1.679 heures en moyenne en 2010, soit 224 heures de moins qu'un allemand. Mais la durée de travail pour les salariés à temps partiel est bien supérieure en France.

Quel est donc ce miracle allemand ?

Le prix de la réussite pour l’Allemagne a été la mise en place d’une politique de rigueur précoce passant par la modération salariale.
En France on se pose la question de l’augmentation de la TVA. Il faut savoir que les allemands l’ont faite en 2007 par un relèvement de 3 points portant le taux à 19%. Cette TVA reste inférieure au taux français (à l’exception des niches fiscales) mais il n’y a pas eu de chute vertigineuse de la consommation et la hausse de l’inflation est restée modérée. La mesure fut accompagnée par une baisse de l’impôt sur les sociétés et permit un allègement des cotisations chômage tant côté patronal que salarié et une réduction du déficit.
Les contraintes de réduction rapide de l’endettement pesant sur l’Italie , le Royaume-Uni et l’Espagne ont incité les deux premières à augmenter leur TVA (21% pour l’Italie, 20% pour le R-U). L’Espagne quant à elle a privilégié une hausse de l’impôt sur le revenu pour ne pas grever la consommation, une option qui lui a néanmoins rapporté beaucoup moins de recettes.

Le miracle allemand provient aussi d’un marché du travail bien plus flexible. L’utilisation du chômage partiel a permis aux travailleurs allemands de garder leur emploi pendant que leurs homologues français se faisaient licencier pour causes économiques. L’annualisation du temps de travail et le recours aux RTT rendent difficilement applicable le chômage partiel en France.
De plus l’entreprise allemande peut facilement baisser les salaires dans le cadre d’accords collectifs de maintien dans l’emploi. Ces accords constituent une garantie pour le salarié de ne pas être licencié. Lorsque l’activité reprend, les salariés retrouvent leur salaire d’origine et souvent des primes substantielles. Ces accords ne sont pas transposables au cas français puisque pour baisser les salaires l’employeur doit procéder salarié par salarié en faisant un avenant au contrat de travail. La baisse de salaire peut être refusée par le salarié ce qui ne constitue pas un motif de licenciement. Le gouvernement français envisage de réformer le contrat de travail et d’imiter le modèle allemand en mettant en place des « accords de compétitivité ».

Le modèle allemand est actuellement mis sur un piédestal puisque source de performance économique mais peut-on en faire une référence, un standard européen qu’il convient de suivre à la lettre ? Les spécificités économiques, sociales, géographiques, culturelles de chaque pays doivent-elles s’adapter pour sauver la zone euro ? 

Nous invitons chacun à s’interroger sur ces questions…

Sources :

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