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Le blog du Master Banque et Finance Européennes, IAE Toulouse

Le blog du Master Banque et Finance Européennes, IAE Toulouse

Blog des étudiants du Master 2 Banque et Finance européennes de l'IAE Toulouse


La zone euro face au piège de la déflation

Publié par Les Echos sur 9 Janvier 2014, 06:00am

Catégories : #Actualité Financière

La Banque centrale européenne va devoir répondre aux craintes d'une baisse des prix généralisée dans la zone euro.
Les économistes parient plutôt sur une intervention dans le courant de l'année.

 

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« Il n'y a pas d'urgence à agir. » C'est le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, qui l'a lui-même assuré le 30 décembre dans le magazine « Der Spiegel ». « Nous ne sommes pas dans une situation japonaise. Là-bas, les anticipations de baisse des prix sont profondément ancrées. Dans la zone euro, les acteurs de marché sont convaincus que l'inflation va revenir à un niveau proche mais inférieur à 2 %. De plus, le Japon a tardé à répondre via l'arme de la politique monétaire, contrairement à la BCE. » Des propos volontairement rassurants donc. Pourtant, le thème de l'inflation trop faible sera au coeur de la réunion de la BCE, qui doit rendre son verdict sur les taux aujourd'hui.

Du jamais-vu

Les chiffres publiés mardi alimentent de nouveau les craintes d'une future déflation (baisse généralisée des prix). L'inflation a ralenti à 0,8 % en décembre dans la zone euro. Surtout, hors énergie et alimentation, la hausse des prix s'est limitée à 0,7 %, du jamais-vu. Les raisons ? « La poursuite des mesures d'austérité, la réduction des bilans bancaires et les ajustements des pays de la périphérie en termes de prix et salaires par rapport à l'Allemagne », énumère Alberto Gallo, chez RBS. A quoi s'ajoute l'effet de l'euro fort. Autant de facteurs qui avaient déjà poussé la BCE à abaisser son taux directeur à 0,25 % en novembre dernier. Y a-t-il des chances pour que l'institution réédite son geste aujourd'hui ? Même si Mario Draghi a admis, fin décembre, qu'il fallait « faire très attention à ce que l'inflation ne s'installe pas de manière permanente sous 1 %, la véritable zone de danger », les spécialistes excluent une nouvelle baisse du loyer de l'argent ce mois-ci.

« Je n'attends aucun geste de la BCE, indique Frederik Ducrozet, chez Crédit Agricole CIB. Mario Draghi a été particulièrement explicite récemment ; quant aux derniers développements économiques et financiers, ils confirment plutôt son scénario de reprise graduelle de l'activité et d'inflation proche de ses plus bas. » Pour l'économiste, l'institution se contentera d'un engagement verbal à maintenir les taux directeurs bas pendant longtemps. « La BCE n'assouplira sa politique que si l'inflation glisse encore et que la déflation devient une vraie menace », estime Alberto Gallo.

Un outil peu orthodoxe

Les paris portent plutôt sur le reste de l'année. L'équipe de Citi, pour qui l'inflation hors alimentation et énergie avoisinera 0 % vers la fin 2015, attend une diminution du principal taux directeur à 0 % d'ici à juin, avec un taux de dépôt négatif (- 0,1 %), ce qui serait une première. Chez Morgan Stanley, on considère que le taux de refinancement pourrait être abaissé à 0,1 % dans les deux prochains mois. Autre outil possible : un nouveau prêt de très long terme aux établissements financiers. Cela permettrait de stopper le mouvement de réduction du bilan de la BCE, lié aux remboursements des précédents prêts octroyés aux banques. Etant donné l'hétérogénéité des situations dans la zone euro et les abus dénoncés par l'institut monétaire, un tel prêt pourrait être « ciblé » ou « conditionnel ».

La BCE sera-t-elle prête à utiliser l'arme anti-déflation que la Réserve fédérale manie depuis le début de la crise, à savoir les achats d'actifs financiers (« QE ») ? « Il faudrait vraiment des signes incontestables d'une menace déflationniste », affirme Guillaume Menuet, chez Citi. La Bundesbank a déjà accepté la baisse des taux en novembre, il lui faudra sans doute un peu de temps avant d'approuver un outil aussi peu orthodoxe...

 

Source: Les Echos, par Isabelle Couet, 09/01/2014.

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