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Le blog du Master Banque et Finance Européennes, IAE Toulouse

Le blog du Master Banque et Finance Européennes, IAE Toulouse

Blog des étudiants du Master 2 Banque et Finance européennes de l'IAE Toulouse


Rappels chronologiques des événements liés à la crise grecque

Publié par Master Banque et Finance Européennes de l'IAE Toulouse sur 7 Juillet 2015, 17:43pm

Catégories : #Actualité Financière

De la découverte, en 2009, par Georges Papandréou des comptes publics maquillés au référendum convoqué par Alexis Tsipras en passant par les huit plans d’austérité, reprenons les évènements qui ont mené à une sortie probable de la Grèce de l’Europe.

  • Automne 2009 : Arrivé au pouvoir, le socialiste Georges Papandréou découvre des comptes publics maquillés et lance des mesures de rigueur.

En arrivant au pouvoir, le nouveau premier ministre socialiste, Georges Papandréou, réalise l’ampleur du déficit du pays dissimulé par la droite, au pouvoir pendant cinq ans. Alors que la note souveraine de la Grèce est abaissé par les agences de cotation, il renonce à son plan de relance de 2,5 milliards d’euros et présente un paquet d’austérité censé ramener le déficit grec de 12,7 à 3 % du PIB avant 2003 :

  • Réduction de 10 % des dépenses de fonctionnement de l’Etat ;
  • Gel des recrutements et des salaires supérieurs à 2 000 euros dans la fonction publique ;
  • Fiscalisation des primes des fonctionnaires ;
  • Réduction des conseils d’administration des entreprises publiques et de leurs salaires ;
  • Bonus des cadres des banques privées fiscalisées à 90 % ;
  • Rétablissement de l’impôt sur la succession et sur la grande fortune foncière ;
  • Privatisation de propriétés de l’Etat.
  • 3 Mars 2010 : un deuxième plan d’austérité de 4,8 milliards d’euros

Sous la pression des marchés et de ses partenaires européens, le gouvernement Papandréou présente une nouvelle vague de mesures d’austérité pour dégager 4,8 milliards d’euros. Elle prévoit notamment :

  • Augmentation de deux points de la TVA
  • Augmentation des taxes sur les alcools (+20%), le tabac (+63%), les carburants et les produits de luxe
  • Gel des pensions de retraites des fonctionnaires et des salariés du privé
  • Coupe de 60% du 14éme mois des salariés du public et de 30% du 13éme mois des salariés du privé
  • 2 mais 2010 : Un premier plan d’aide international de 110 milliards d’euros

Après des mois d’hésitation, l’Union Européenne, le Fonds Monétaire International et la Grèce s’accorde sur un plan de sauvetage de 110 milliards d’euros sur trois ans, dont 80 milliards à la charge des Etats membres de la zone euros et 30 milliards financés par le FMI. C’est à cette occasion qu’est créé le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF), doté de 750 milliards d’euros, pour venir en aide aux Etats européens en difficultés.

  • 6 mai 2010 : troisième train de mesures de rigueur, pour économiser 30 milliards d’euros

En contrepartie du plan d’aide international, le gouvernement Papandréou engage un grand plan d’économies de 30 milliards, incluant :

  • Age légal de la retraite(de60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes) désormais lié à l’espérance de vie moyenne et durée de cotisation porté de 37 à 40 ans d’ici à 2015
  • Prolongation du gel des salaires dans le secteur public

- Suppression des 13eme et 14éme mois de salaire pour les fonctionnaires gagnant plus de 3 000 euros par mois

- Réduction de 8% des indemnités des fonctionnaires

- Suppression des 13éme et 14éme mois de pensions pour les retraités- compensés par des primes pour les plus bas revenus

- Nouvelle augmentation de deux points de la TVA, de 21 à 23%

- Libéralisation des marchés des transports et de l’énergie

- Augmentation de 10 % des taxes sur les carburants, alcool et le tabac

- Possibilité pour les entreprises de licencier plus de 2% des effectifs par mois, une mesure jusque-là interdite

Le retour du définit de 3% du PIB est repoussé à 2014.

  • Juin 2011 : Un quatrième plan d'austérité de 28,4 milliards d'euros

Le Parlement grec adopte à l'issue de longues négociations un nouveau plan d'austérité de 28,4 milliards d'euros sur quatre ans dicté par le FMI et l'Union européenne en échange du versement de la cinquième tranche du plan de sauvetage :

- seuil général d'imposition abaissé à 8 000 euros par an ;

- taxe professionnelle de 450 euros par an imposée aux auto-entrepreneurs ;

- nouvelles hausses de la TVA et des taxes sur le fuel de chauffage ;

- durcissement des critères pour les allocations sociales, y compris de chômage, et réduction de certaines retraites complémentaires ;

- non-remplacement de 9 fonctionnaires sur 10 ;

- possibilité de licencier des employés d'organismes publics supprimés ou fusionnés ;

- privatisations massives (ports et aéroports, la Poste, énergie, paris sportifs, banques), censées dégager 50 milliards d'euros supplémentaires d'ici à 2015.

  • 20 Juillet 2011 : Ebauche d'un deuxième plan d'aide international

Un mois après le troisième plan d'austérité, la troïka FMI-UE-Banque centrale européenne est contrainte de mettre sur pied un deuxième plan de sauvetage de 158 milliards d'euros, dont 109 milliards d'euros de prêts répartis entre le FMI et le Fonds européen de stabilité financière (FESF).

  • 21 septembre 2011 : Un cinquième plan d'austérité de 7,5 milliards d'euros

Le gouvernement grec annonce un nouveau tour de vis budgétaire pour débloquer la sixième tranche du premier plan d'aide international de 2010. Des mesures touchant les retraités, les fonctionnaires et la fiscalité doivent permettre d'économiser 7,5 milliards d'euros supplémentaires :

- réduction de 20 % des retraites supérieures à 1 200 euros par mois ;

- 30 000 fonctionnaires « mis en réserve » ;

- seuil de non-imposition abaissé de 8 000 à 5 000 euros annuels ;

- nouvelle taxe sur l'immobilier ;

- nouvelles privatisations.

  • 27 Octobre 2011 : Une partie de la dette grecque effacée et nouveau plan d'aide

Au terme d'un nouveau sommet marathon, les dirigeants européens trouvent un accord avec les banques pour effacer une partie de la dette grecque détenue par les établissements bancaires créanciers du pays. Les créances sont réduites de 50 % (soit 100 milliards d'euros sur un endettement total de 350 milliards d'euros) et 30 milliards sont accordés aux banques les plus concernées.
De nouveaux prêts internationaux, à hauteur de 100 milliards d'euros, sont également octroyés à Athènes (remplaçant le programme de 109 milliards d'euros décidé en juillet 2011). En contrepartie, la Grèce doit accepter un renforcement des contrôles sur sa politique budgétaire : de vives critiques s'élèvent dans le pays contre une « perte de souveraineté budgétaire ».

  • Novembre 2011 : Papandréou annonce un référendum puis y renonce devant l'opposition et démissionne

Le premier ministre, Georges Papandréou, crée la surprise le 31 octobre en annonçant l'organisation d'un référendum sur l'accord européen prévoyant l'effacement d'une partie de la dette du pays en l'échange d'un contrôle accru de la troïka sur la politique budgétaire. Devant les critiques, internationales puis au sein de son propre gouvernement, Georges Papandréou accepte d'y renoncer et de négocier avec l'opposition pour former un gouvernement d'union nationale et de démissionner ensuite. C'est un technocrate, l'ancien gouverneur de la Banque de Grèce Lucas Papademos, qui devient premier ministre.

  • 13 février 2012 : Un sixième plan d'austérité de 350 millions

Lucas Papademos fait adopter un nouveau plan d'austérité pour combler un trou budgétaire de 350 millions d'euros qui menaçait la Grèce de cessation de paiement. Il prévoit notamment :

  • baisse de 22 % du salaire minimum (ramené à 586 euros brut sur quatorze mois) ;
  • suppression de 15 000 emplois dans la fonction publique ;
  • nouvelle diminution des pensions de retraite et dans les salaires des fonctionnaires ;
  • réduction du budget de la sécurité sociale et de l'armée ;
  • privatisations de quatre entreprises d'Etat
  • 21 Fevrier 2012 : Un deuxième plan d'aide international de 237 milliards et la moitié de la dette privée effacée

Les responsables de la zone euro adoptent définitivement un deuxième plan de sauvetage pour la Grèce, à hauteur de 237 milliards d'euros. Outre ces prêts, le plan prévoit l'effacement de la moitié de la dette grecque détenue par des créanciers privés, banques et fonds d'investissement, soit 107 milliards.

  • 17 juin 2012 : Antonis Samaras (droite) forme une coalition avec la gauche

Trois ans après avoir laissé le pays au bord de la faillite, le parti de droite Nouvelle Démocratie revient au pouvoir à la faveur d'une victoire aux législatives. Le nouveau premier ministre, Antonis Samaras, forme une coalition avec le Pasok (parti socialiste) et la Dimar (petit parti de gauche).

  • 7 novembre 2012 : Un septième plan d'austérité de 18 milliards d'euros

Le gouvernement conservateur d'Antonis Samaras fait voter de justesse par le Parlement le sixième plan d'austérité depuis le début de la crise. Réclamé par la troïka pour débloquer une trentaine de milliards d'aide de l'Europe et du FMI, ce plan prévoit notamment :

- une augmentation de l'âge de la retraite de 65 à 67 ans ;

- une baisse de certaines pensions de retraite ;

- la réduction des salaires du secteur public

- dérégulation des marchés du travail et des services.

  • 26 novembre 2012 : Nouveau plan d'allégement de la dette de 40 milliards d'euros

Les ministres des finances de la zone euro et le FMI s'entendent sur un allégement de 40 milliards d'euros sur la dette grecque, ainsi qu'un report du paiement des intérêts à dix ans. La dette doit être ramenée à 124 % du PIB en 2020, contre 120 % demandés par le FMI au départ. La crainte était alors que la dette n'atteigne 190 % du PIB en 2014 (elle a atteint 177 % fin 2014).

  • Janvier 2013 : Un huitième plan d'austérité de 2,5 milliards d'euros

Le gouvernement Samaras fait voter une nouvelle loi qui prévoit notamment :

- hausse de l'imposition des professions libérales

- hausse de l'imposition pour les salariés gagnant plus de 21 000 euros par an ;

- soumission des armateurs à l'impôt pour la première fois depuis 1953.

- Cette loi, très critiquée car accusée d'« étrangler la classe moyenne », permet à l'Etat grec de dégager 2,5 milliards d'euros sur l'année 2013.

  • 26 janvier 2015 : Vainqueur des élections, la gauche radicale Syriza porte Alexis Tsipras au pouvoir

A l'issue d'une campagne dénonçant les politiques d'austérité imposées par la troïka, la coalition de gauche radicale Syriza remporte les législatives. Nommé premier ministre, Alexis Tsipras engage un bras de fer avec les Européens et le FMI pour alléger les mesures d'austérité, rééchelonner la dette grecque et débloquer la dernière tranche du plan de sauvetage international pour permettre à Athènes d'honorer ses prochains remboursements.

  • 26 juin 2015 : Après l'ultimatum des créanciers, Tspiras annonce un référendum et ferme les banques

Après plusieurs mois de discussions, les négociations entre Athènes et ses créanciers prennent une tournure dramatique alors que s'approche l'échéance cruciale du 30 juin, à laquelle la Grèce doit faire face à un remboursement au FMI sous peine de se retrouver en défaut de paiement. Alors que le gouvernement Tspiras refuse toujours les conditions qui lui sont proposées, les Européens lui fixent un ultimatum. Le premier ministre grec décide de convoquer un référendum le 5 juillet pour que le peuple se prononce sur la proposition européenne, et appelle à voter contre. Le gouvernement ferme temporairement les banques pour éviter une fuite massive des capitaux.

  • 5 Juillet 2015 : Les Grecs se prononcent à 61 % contre la proposition formulée par les créanciers

Appelés à se prononcer sur le plan proposé par leurs créanciers, les Grecs ont suivi les recommandations de leur premier ministre en votant à 61,31 % des suffrages « όχι » (non).
Alexis Tsipras avait mis l'avenir de son gouvernement dans la balance, malgré tout Yanis Varoufakis – ministre de l'économie – a démissionné « afin d'aider Alexis Tsipras à exploiter comme il l'entend les résultats du vote ».

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